Ère Contemporaine — Bataille de Little Bighorn
Atlas militaire interactif/Batailles/Bataille de Little Bighorn

Ère Contemporaine

Bataille de Little Bighorn

25-26 juin 1876·Rivière Little Bighorn, territoire du Montana

Le 25 juin 1876, le lieutenant-colonel Custer attaqua un immense campement Lakota-Cheyenne sur la rivière Little Bighorn avec environ 210 hommes. Écrasé par une force amérindienne bien supérieure en nombre, Custer et la totalité de son détachement furent anéantis. Cette défaite spectaculaire provoqua un choc considérable dans l'opinion américaine.

Forces en Présence

✓ Vainqueur

Coalition Lakota-Cheyennes-Arapaho

Commandant : Sitting Bull, Crazy Horse

Effectifs1 500 à 2 500 guerriers
Pertes30 à 100 tués selon les estimations

7e régiment de cavalerie des États-Unis

Commandant : George Armstrong Custer

EffectifsEnviron 647 hommes (12 compagnies)
Pertes268 tués, 55 blessés (dont 210 avec Custer, tous tués)

« Plus grande victoire amérindienne des guerres indiennes, la bataille de Little Bighorn reste l'un des épisodes les plus emblématiques de l'histoire américaine. »

Contexte : Bataille de Little Bighorn

La bataille de Little Bighorn s'inscrit dans le contexte des guerres indiennes des Grandes Plaines et de la ruée vers l'or dans les Black Hills du Dakota. Ces collines, sacrées pour les Lakota Sioux, leur avaient été garanties "à perpétuité" par le traité de Fort Laramie de 1868. Mais la découverte d'or en 1874 par une expédition militaire commandée par Custer lui-même déclencha un afflux massif de prospecteurs, en violation flagrante du traité.

Le gouvernement américain, sous la présidence d'Ulysses S. Grant, tenta d'abord d'acheter les Black Hills aux Lakota, mais Sitting Bull et les chefs traditionnels refusèrent catégoriquement. En décembre 1875, le Bureau des Affaires indiennes ordonna à tous les "Indiens hostiles" de regagner leurs réserves avant le 31 janvier 1876, sous peine d'être considérés comme des ennemis. Ce délai était délibérément irréaliste : en plein hiver, les bandes nomades dispersées dans les plaines ne pouvaient ni recevoir le message ni se déplacer dans les temps.

Cette injonction impossible à respecter fournit le prétexte d'une campagne militaire de grande envergure. Le général Philip Sheridan conçut un plan en tenaille : trois colonnes convergeraient vers la région de la Yellowstone et de la Powder River pour encercler et soumettre les bandes récalcitrantes. La colonne du général Alfred Terry, comprenant le 7e de cavalerie de Custer, progressait depuis l'est ; celle du colonel John Gibbon venait de l'ouest ; et celle du général George Crook remontait du sud.

Au printemps 1876, un mouvement de rassemblement sans précédent s'opéra parmi les peuples des Plaines. Des milliers de Lakota, de Cheyennes du Nord et d'Arapaho quittèrent les réserves pour rejoindre le campement de Sitting Bull. Le grand chef spirituel lakota avait organisé une Danse du Soleil au cours de laquelle il eut une vision célèbre : des soldats tombant la tête la première dans son camp "comme des sauterelles". Cette vision galvanisa les guerriers et renforça la détermination collective.

Le 17 juin 1876, la colonne de Crook fut stoppée à la bataille de Rosebud par Crazy Horse et ses guerriers, ce qui priva le plan de Sheridan de l'une de ses trois branches. Terry et Gibbon, ignorant la défaite de Crook, poursuivirent leur avance. Le 22 juin, Terry ordonna à Custer de remonter la rivière Rosebud avec le 7e de cavalerie pour couper la retraite des Amérindiens vers le sud, tandis que Terry et Gibbon bloqueraient le nord.

Custer, ambitieux et pressé de remporter une victoire personnelle éclatante, accéléra sa marche. Le matin du 25 juin, ses éclaireurs Crow repérèrent un immense campement dans la vallée de la Little Bighorn : entre 6 000 et 8 000 personnes, dont 1 500 à 2 500 guerriers. C'était le plus grand rassemblement amérindien jamais observé dans les Plaines.

Comment s'est déroulée la bataille ?

Le 25 juin 1876, vers midi, Custer prit la décision fatale de diviser ses forces en quatre groupes avant d'attaquer le campement amérindien. Cette tactique, classique dans la cavalerie pour empêcher l'ennemi de fuir, reposait sur l'hypothèse que les Amérindiens chercheraient à s'enfuir plutôt qu'à combattre. C'était une erreur d'appréciation monumentale.

Le capitaine Frederick Benteen fut envoyé vers le sud-ouest avec trois compagnies (environ 125 hommes) pour reconnaître les collines et s'assurer qu'aucun groupe amérindien ne s'était échappé dans cette direction. Le major Marcus Reno reçut l'ordre d'attaquer le campement par le sud avec trois compagnies (environ 140 hommes), tandis que Custer lui-même contournerait les hauteurs à l'est avec cinq compagnies (environ 210 hommes) pour frapper le camp par l'autre côté. Le train de mules et une compagnie de garde restèrent en arrière.

Reno traversa la Little Bighorn et chargea le camp par le sud vers 15 heures. Mais au lieu de femmes et d'enfants en fuite, il se heurta à une masse de guerriers qui contre-attaquèrent avec une violence inattendue. Les Hunkpapa de Gall furent parmi les premiers à réagir, suivis par des centaines de guerriers de toutes les bandes. Reno, débordé, ordonna une retraite précipitée qui se transforma en déroute. Ses hommes repassèrent la rivière en désordre et se retranchèrent sur les hauteurs de la rive est, perdant 40 tués et 13 blessés dans cette phase.

Pendant ce temps, Custer progressait le long des crêtes à l'est de la rivière. On ignore les détails exacts de ses mouvements, car aucun soldat de son détachement ne survécut pour les raconter. Les reconstitutions archéologiques et les témoignages amérindiens recueillis des décennies plus tard permettent néanmoins de reconstituer les grandes lignes.

Custer tenta probablement de traverser la rivière à un gué (Medicine Tail Coulee) pour attaquer le centre du campement, mais fut repoussé par les guerriers Cheyennes. Contraint de reculer vers les hauteurs, il vit sa position se détériorer rapidement. Crazy Horse, à la tête de plusieurs centaines d'Oglala et de Cheyennes, effectua un mouvement d'encerclement par le nord, coupant toute retraite. Gall, après avoir repoussé Reno, remonta avec ses Hunkpapa pour prendre Custer en tenaille par le sud.

Les soldats américains, encerclés sur les collines, furent submergés. Les combats durèrent probablement moins d'une heure, peut-être même 30 à 45 minutes pour la phase finale. Les guerriers amérindiens, supérieurs en nombre et galvanisés par leur cause, éliminèrent méthodiquement les poches de résistance. Custer tomba sur la colline qui porte aujourd'hui son nom, avec les restes de ses cinq compagnies. Les 210 hommes qui l'accompagnaient furent tous tués.

Sur les hauteurs où Reno s'était retranché, Benteen le rejoignit avec ses trois compagnies. Ensemble, ils résistèrent aux attaques amérindiennes pendant tout le reste du 25 et la journée du 26 juin, perdant encore 18 hommes avant que les guerriers ne lèvent le siège. Le campement entier se dispersa vers le sud avant l'arrivée de Terry et Gibbon le 27 juin. Ces derniers découvrirent le champ de bataille jonché de cadavres : 268 soldats tués au total, dont les 210 du détachement de Custer, tous morts.

Les pertes amérindiennes restent difficiles à évaluer. Les estimations varient de 30 à 100 tués, chiffres nettement inférieurs à ceux des Américains. Les guerriers disposaient d'armes variées : arcs, lances, mais aussi des fusils Henry et Winchester à répétition, supérieurs en cadence de tir aux Springfield à un coup des soldats.

Les conséquences historiques

La nouvelle de l'anéantissement du détachement de Custer parvint à l'Est le 6 juillet 1876, en pleine célébration du centenaire de l'indépendance américaine. Le choc fut immense. La presse transforma Custer en martyr héroïque, alimentant un cri de vengeance national qui eut des conséquences désastreuses pour les peuples amérindiens.

Paradoxalement, la plus grande victoire militaire des nations amérindiennes accéléra leur défaite finale. Le Congrès vota des crédits militaires massifs et envoya des renforts considérables dans les Grandes Plaines. Les généraux Sheridan, Terry et Crook menèrent des campagnes hivernales impitoyables, attaquant les campements amérindiens en plein hiver, détruisant leurs réserves de nourriture et leurs troupeaux de poneys.

En quelques mois, la coalition qui avait triomphé à Little Bighorn se fragmenta. Incapables de nourrir un si grand rassemblement, les bandes se dispersèrent. Crazy Horse se rendit en mai 1877 à Fort Robinson, où il fut tué quelques mois plus tard dans des circonstances controversées. Sitting Bull s'exila au Canada avec une partie de ses Hunkpapa, mais la faim le contraignit à se rendre en 1881. Il fut tué en 1890 lors de son arrestation, peu avant le massacre de Wounded Knee.

Les Black Hills furent définitivement confisquées aux Lakota par un accord imposé en 1877. En 1980, la Cour suprême des États-Unis jugea cette confiscation illégale et accorda une compensation financière, mais les Lakota refusèrent l'argent, réclamant la restitution de leurs terres sacrées. Le montant, toujours en fiducie, dépasse aujourd'hui le milliard de dollars.

La bataille de Little Bighorn devint l'un des épisodes les plus mythifiés de l'histoire américaine. Le "Last Stand" de Custer inspira des centaines de peintures, de films et de romans, la plupart glorifiant le cavalier téméraire. Ce n'est qu'à partir des années 1960 que l'historiographie commença à réévaluer l'événement du point de vue amérindien, reconnaissant la légitimité de leur combat pour la défense de leurs terres et de leur mode de vie.

Le saviez-vous ?

Le matin du 25 juin, les éclaireurs Crow de Custer, observant depuis un point d'observation appelé Crow's Nest, repérèrent l'immense campement dans la vallée. L'éclaireur Mitch Boyer aurait dit à Custer qu'il y avait plus d'Amérindiens dans ce camp que de balles dans les cartouchières de ses soldats. Custer refusa de le croire. Un autre éclaireur Crow, Curley, fut le dernier à voir Custer vivant ; il fut renvoyé avant les combats finaux et survécut. Lorsque Terry arriva sur le champ de bataille deux jours plus tard, Curley guida les soldats vers les corps. Le cheval de Custer, Comanche, un hongre de troupe monté par le capitaine Keogh, fut retrouvé blessé mais vivant parmi les cadavres. Il devint un symbole de la bataille et fut officiellement exempté de tout service dans le régiment jusqu'à sa mort en 1891.

Généraux impliqués

Coalition Lakota-Cheyennes-Arapaho :
Sitting BullCrazy Horse
7e régiment de cavalerie des États-Unis :
George Armstrong Custer

Les fiches de ces généraux ne sont pas encore disponibles.

Questions fréquentes

Pourquoi Custer a-t-il perdu la bataille de Little Bighorn ?

Custer perdit pour plusieurs raisons cumulées. Il divisa ses forces en quatre groupes face à un ennemi dont il sous-estimait gravement le nombre : 1 500 à 2 500 guerriers contre ses 210 hommes. Il refusa les renforts de mitrailleuses Gatling proposés par Terry, les jugeant trop lentes. Il ignora les avertissements de ses éclaireurs Crow sur la taille du campement. Enfin, de nombreux guerriers disposaient de fusils à répétition Winchester et Henry, supérieurs en cadence de tir aux carabines Springfield à un coup de ses soldats. Sa précipitation visait probablement à s'assurer la gloire d'une victoire solitaire avant les élections présidentielles.

Combien de soldats sont morts avec Custer à Little Bighorn ?

Le détachement personnel de Custer comprenait environ 210 hommes répartis en cinq compagnies (C, E, F, I et L). La totalité de ce détachement fut anéantie : aucun survivant. Au total, les pertes du 7e de cavalerie lors de la bataille s'élèvent à 268 tués et 55 blessés, en comptant les hommes de Reno et Benteen qui combattirent sur les hauteurs. Parmi les officiers tués figuraient Custer lui-même, ses frères Tom et Boston, son neveu Autie Reed et son beau-frère James Calhoun. Les corps furent retrouvés deux jours plus tard par la colonne de Terry et Gibbon, dépouillés et mutilés selon les coutumes guerrières.

Que sont devenus Sitting Bull et Crazy Horse après Little Bighorn ?

Après Little Bighorn, la coalition amérindienne se dispersa sous la pression des campagnes militaires américaines. Crazy Horse, chef de guerre Oglala, résista jusqu'en mai 1877 avant de se rendre à Fort Robinson dans le Nebraska. Il y fut tué le 5 septembre 1877, poignardé par une baïonnette lors d'une tentative d'arrestation, dans des circonstances qui restent controversées. Sitting Bull s'exila au Canada avec une partie de ses Hunkpapa, mais la famine le contraignit à se rendre en 1881. Il fut brièvement une vedette du Wild West Show de Buffalo Bill en 1885. Le 15 décembre 1890, il fut tué lors de son arrestation dans la réserve de Standing Rock, juste avant le massacre de Wounded Knee.