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Ère Contemporaine

Bataille d'Inchon

15–19 septembre 1950·Inchon, Corée du Sud

En septembre 1950, les forces de l'ONU sont repoussées dans un petit périmètre autour de Pusan. MacArthur propose l'impensable : un débarquement amphibie à Inchon, port aux marées parmi les plus dangereuses du monde, à 200 kilomètres derrière les lignes nord-coréennes. Contre toute opinion militaire, il a raison. En quatre jours, le débarquement retourne totalement la situation et les forces nord-coréennes s'effondrent.

Forces en Présence

✓ Vainqueur

Forces de l'ONU (USA principalement)

Commandant : Général Douglas MacArthur

Effectifs75 000 hommes (Xe corps d'armée)
Pertes566 tués, 2 713 blessés

Armée populaire de Corée du Nord

Commandant : Général Choi Yong-kun

Effectifs6 500 défenseurs à Inchon
Pertes35 000 tués, blessés ou prisonniers (campagne)

« Un débarquement amphibie audacieux renverse en quelques jours une situation militaire désespérée et préfigure la forme des guerres modernes par procuration. »

Contexte de la bataille de Bataille d'Inchon

En juin 1950, la Corée du Nord envahit la Corée du Sud avec 135 000 hommes. L'armée sud-coréenne s'effondre. Les premières troupes américaines envoyées en urgence sont bousculées. En août 1950, les forces ONU ne tiennent plus qu'un étroit périmètre défensif autour du port de Pusan, dans l'extrême sud de la péninsule coréenne. La situation semble désespérée.

MacArthur, commandant suprême des forces ONU, conçoit un plan audacieux : débarquer à Inchon, port de la côte ouest proche de Séoul, couper les lignes d'approvisionnement nord-coréennes et les encercler. Tous ses conseillers et tous les experts navals s'y opposent fermement. Les marées à Inchon sont parmi les plus extrêmes du monde : une différence de 10 mètres entre marée basse et marée haute. Les fenêtres d'attaque ne durent que quelques heures. Le chenal d'accès est étroit et flanqué d'une île fortifiée — Wolmi-do — qui doit être prise avant le débarquement principal. En cas d'échec, les navires pourraient s'échouer et être détruits.

MacArthur reste impassible face à toutes les objections. "Je vous garantis le succès", dit-il simplement aux amiraux assemblés. Son argument décisif : c'est justement parce que tout le monde juge le débarquement impossible que les Nord-Coréens ne le défendront pas sérieusement. La surprise sera totale.

Comment s'est déroulée la bataille ?

Le 15 septembre à l'aube, des marines américains débarquent sur l'île de Wolmi-do sous couverture d'artillerie navale. La garnison nord-coréenne de 400 hommes est rapidement submergée. Wolmi-do est prise en quelques heures, avec des pertes minimes.

L'après-midi, à la marée haute suivante, les vagues principales débarquent directement dans le port d'Inchon et sur les plages au nord et au sud de la ville. Les Coréens du Nord, peu nombreux, sont surpris et dépassés. En deux jours, Inchon est prise. Le Xe corps d'armée marche sur Séoul.

La libération de Séoul, capitale de la Corée du Sud, est plus dure. Les combats urbains dans la ville dévastée durent une semaine. Le 28 septembre, Séoul est reprise. Les lignes d'approvisionnement de l'armée nord-coréenne sont coupées. Les forces nord-coréennes qui assiégeaient Pusan, prises entre le débarquement d'Inchon au nord et une contre-offensive alliée au sud, s'effondrent. En quelques semaines, l'armée nord-coréenne cesse pratiquement d'exister en tant que force organisée : 135 000 hommes ne sont plus que 25 000 épaves dispersées.

MacArthur, euphorique, ordonne alors la poursuite au-delà du 38e parallèle — frontière d'avant-guerre. C'est l'erreur de trop : l'armée américaine avance vers la frontière chinoise, la Chine intervient en masse en novembre 1950 avec 300 000 "volontaires", et la guerre repart pour deux ans et demi.

Les conséquences historiques

Inchon est un chef-d'œuvre tactique. En quatre jours, MacArthur a renversé une situation militaire qui semblait sans issue. Le débarquement est étudié dans toutes les écoles militaires comme un exemple parfait d'utilisation de la mobilité stratégique et de la surprise.

Mais le succès d'Inchon porta MacArthur à une forme d'hubris qui allait être catastrophique. Convaincu de son génie, il refusa d'écouter les renseignements signalant une intervention militaire chinoise imminente. Son avance vers le Yalu en novembre 1950 précipita l'entrée en guerre de la Chine, qui envoya 300 000 soldats. La débâcle qui s'ensuivit — retraite de Chosin, recul jusqu'au 38e parallèle — effaça les bénéfices de la victoire d'Inchon.

La guerre de Corée se termina en juillet 1953 par un armistice qui rétablissait à peu près les frontières d'avant-guerre. La péninsule reste divisée jusqu'à aujourd'hui. Inchon avait gagné une bataille ; la guerre était à peine un match nul.

Pour l'histoire militaire, Inchon reste la dernière grande opération amphibie combinée de l'histoire — après Normandie, avant une longue période où ce type d'opération semblera obsolète dans le contexte nucléaire. Elle démontre aussi pour la première fois la capacité américaine à projeter rapidement une force massive à l'autre bout du monde.

Le saviez-vous ?

La quasi-totalité des amiraux et généraux présents à la réunion de planification d'Inchon estimaient le plan suicidaire. L'amiral James Doyle, expert en débarquements amphibies, énuméra pendant une heure toutes les raisons pour lesquelles Inchon était la pire cible possible — marées extrêmes, chenal étroit, absence de plages, défenses côtières. Puis MacArthur prit la parole. Sans notes, il parla pendant quarante-cinq minutes. Il admit tous les obstacles, les retourna un par un, et conclut : "Nous frappons Inchon." Silence dans la salle. Puis l'amiral Sherman dit : "Si quelqu'un peut le faire, c'est bien la Septième Flotte et le général MacArthur." L'opération fut approuvée. Le général qui avait dit "impossible" donna l'ordre d'appareiller.

Généraux impliqués

Forces de l'ONU (USA principalement) :
Général Douglas MacArthur
Armée populaire de Corée du Nord :
Général Choi Yong-kun

Les fiches de ces généraux ne sont pas encore disponibles.

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Questions fréquentes

Qui a commandé la bataille d'Inchon ?

La bataille d'Inchon fut planifiée et commandée par le général Douglas MacArthur, commandant suprême des forces de l'ONU en Corée. MacArthur, vétéran de la Seconde Guerre mondiale et commandant des forces alliées dans le Pacifique, conçut personnellement le plan contre l'avis quasi unanime de ses conseillers militaires et navals. Le débarquement fut exécuté par le Xe corps d'armée sous les ordres du général Edward Almond, comprenant notamment la 1ère Division de Marines américains et la 7e Division d'Infanterie.

Pourquoi les marées rendaient-elles le débarquement d'Inchon si difficile ?

Inchon possède l'une des marées les plus extrêmes du monde : une différence de 10 mètres entre marée haute et marée basse. À marée basse, des vasières de plusieurs kilomètres de large rendaient toute approche de navire impossible. Les fenêtres de marée haute utilisables pour le débarquement ne duraient que quelques heures. Les navires devaient entrer dans un chenal étroit bordé de l'île fortifiée de Wolmi-do, qui devait être neutralisée avant l'assaut principal. Toute erreur de timing pouvait laisser des navires de débarquement échoués sur la vase à découvert, transformés en cibles fixes pour l'artillerie ennemie.

Quelles furent les conséquences du succès d'Inchon sur la guerre de Corée ?

Le succès d'Inchon retourna spectaculairement la situation en quelques semaines. L'armée nord-coréenne, dont les lignes d'approvisionnement étaient coupées et qui était prise entre le débarquement et la contre-offensive alliée au sud, s'effondra : de 135 000 hommes, elle fut réduite à 25 000 épaves. Séoul fut libérée le 28 septembre. Mais MacArthur, euphorique, poursuivit trop loin vers le nord, provoquant l'entrée en guerre de la Chine (novembre 1950) et recommençant une guerre qui dura encore deux ans et demi.