Ère Contemporaine
Bataille de Stalingrad
Stalingrad est la bataille la plus meurtrière de l'histoire humaine, avec près de deux millions de victimes militaires et civiles. La reddition de la VIe Armée allemande de Paulus en février 1943 est le choc psychologique et stratégique qui marque le début de la fin pour le IIIe Reich.
Forces en Présence
Union soviétique
Commandant : Joukov, Tchouïkov, Vasilevski
Axe (Allemagne, Roumanie, Italie, Hongrie)
Commandant : Paulus, Weichs, Zeitzler
« Tournant décisif de la Seconde Guerre mondiale sur le front de l'Est. Début du déclin du IIIe Reich. »
Contexte de la bataille de Bataille de Stalingrad
À l'été 1942, Hitler lance la Case Bleu : une offensive massive vers le Caucase pour s'emparer des champs pétroliers soviétiques. Stalingrad, sur la Volga, est initialement un objectif secondaire — couper le fleuve et les voies d'approvisionnement. Mais le nom de la ville — Ville-de-Staline — en fait un symbole que ni Hitler ni Staline ne peuvent abandonner.
Les Allemands de la VIe Armée du général Paulus, rejoints par la IVe Armée blindée, pénètrent dans la ville à la fin août 1942. Ce qui devait être une rapide prise de contrôle se transforme en un enfer urbain : le "Rattenkrieg" (guerre des rats), combat mètre par mètre dans les usines, les immeubles, les égouts.
Comment s'est déroulée la bataille ?
Le général soviétique Tchouïkov comprend que l'espace urbain annule la supériorité allemande en blindés et en aviation. Il ordonne à ses soldats de "coller" aux Allemands — se battre si près que les bombardiers allemands ne peuvent intervenir sans toucher leurs propres troupes. Chaque immeuble devient une forteresse. L'usine de tracteurs Dzerzhinsky, la Maison Pavlov, le mont Mamaïev sont l'objet de combats sans merci.
Le 19 novembre 1942, l'opération Uranus — préparée en secret par Joukov et Vasilevski — déclenche une double attaque contre les flancs roumains et italiens, plus vulnérables. En quatre jours, les deux pinces soviétiques se rejoignent à Kalatch : 330 000 soldats de l'Axe sont encerclés. Hitler interdit toute tentative de percée — "Stalingrad sera tenue !" La Luftwaffe ne parvient pas à ravitailler la poche.
Le 2 février 1943, le maréchal Paulus — promu la veille par Hitler — se rend avec 91 000 survivants épuisés et affamés.
Les conséquences historiques
La reddition de Stalingrad est un choc psychologique sans précédent en Allemagne. Pour la première fois, une armée entière est anéantie. Goebbels décrète trois jours de deuil national. Le mythe de l'invincibilité allemande est définitivement brisé.
Sur le plan stratégique, Stalingrad marque le début de la retraite allemande vers l'ouest qui ne s'arrêtera qu'à Berlin en mai 1945. L'initiative stratégique passe définitivement aux Soviétiques. Les 90 000 prisonniers allemands de Stalingrad ne reverront l'Allemagne qu'en 1955 — moins de 6 000 y survivront.
Stalingrad reste, avec Auschwitz, le symbole absolu de la barbarie de la Seconde Guerre mondiale. La ville rebaptisée Volgograd en 1961 abrite aujourd'hui le plus grand monument de guerre du monde : la statue de la Mère Patrie, 85 mètres de béton armé brandissant une épée vers le ciel.
Le saviez-vous ?
La "Maison Pavlov" est devenue le symbole humain de Stalingrad. En septembre 1942, un groupe de 25 soldats soviétiques commandés par le sergent Iakov Pavlov prend d'assaut un immeuble de quatre étages au centre de la ville et le transforme en forteresse. Pendant 58 jours consécutifs, ces 25 hommes — Russes, Ukrainiens, Géorgiens, Kazakhs, Ouzbeks, Tadjiks — résistent à tous les assauts allemands. Ils creusent des tranchées jusqu'à la Volga pour se ravitailler, transforment chaque appartement en position de tir et repoussent des attaques répétées.
Le général Tchouïkov affirmera plus tard que les Allemands ont perdu plus d'hommes à attaquer la Maison Pavlov qu'ils n'en avaient perdu lors de la prise de Paris en 1940. L'immeuble était si bien défendu que les cartes d'état-major soviétiques le représentaient avec le même symbole qu'une forteresse. Iakov Pavlov survécut à la guerre, devint directeur d'usine, puis fut fait Héros de l'Union soviétique en 1945. Quand l'immeuble fut reconstruit après la guerre, les habitants de Volgograd insistèrent pour qu'il porte son nom — et il le porte encore aujourd'hui.
Généraux impliqués
Batailles liées
Questions fréquentes
Pourquoi la bataille de Stalingrad est-elle considérée comme le tournant de la Seconde Guerre mondiale ?
Stalingrad est le tournant parce qu'elle marque la première grande défaite de l'armée allemande sur le front de l'Est et la destruction d'une armée entière — la VIe Armée de Paulus, 330 000 hommes encerclés dont 91 000 se rendent. Après Stalingrad, l'initiative stratégique passe définitivement aux Soviétiques. Les Allemands ne mèneront plus d'offensive majeure sur le front de l'Est. La bataille brise aussi le mythe de l'invincibilité allemande : pour la première fois depuis 1939, l'opinion publique allemande comprend que la guerre peut être perdue.
Combien de soldats ont péri à Stalingrad ?
Stalingrad est la bataille la plus meurtrière de l'histoire humaine. On estime à environ 2 millions le nombre total de victimes : environ 1 130 000 soldats soviétiques (tués, blessés, prisonniers) et 800 000 soldats de l'Axe (Allemands, Roumains, Italiens, Hongrois). À ces pertes militaires s'ajoutent des dizaines de milliers de civils piégés dans la ville. Des 91 000 soldats allemands faits prisonniers à la reddition de février 1943, moins de 6 000 reverront l'Allemagne — ils ne rentreront qu'en 1955.
Qu'est-ce que l'opération Uranus ?
L'opération Uranus est la contre-offensive soviétique secrète lancée le 19 novembre 1942, planifiée par les maréchaux Joukov et Vasilevski. Plutôt que de tenter de briser le siège allemand de Stalingrad par des attaques frontales, les Soviétiques frappent les flancs vulnérables de la poche, tenus par des armées alliées (roumaines et italiennes) moins bien équipées et motivées. En quatre jours, les deux pinces soviétiques se rejoignent à Kalatch, encerclant 330 000 soldats de l'Axe. C'est l'une des opérations d'encerclement les plus réussies de toute la Seconde Guerre mondiale.