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Ère Contemporaine

Bataille de Gettysburg

1–3 juillet 1863·Gettysburg, Pennsylvanie

La bataille de Gettysburg est la plus sanglante de la guerre de Sécession et l'une des plus décisives de l'histoire américaine. En trois jours de combats acharnés, l'armée confédérée de Robert E. Lee subit une défaite dont elle ne se relèvera jamais.

Forces en Présence

✓ Vainqueur

Armée du Potomac (Union)

Commandant : Général Meade

Effectifs93 000 soldats
Pertes~23 000 tués, blessés, disparus

Armée de Virginie du Nord (Confédérés)

Commandant : Général Robert E. Lee

Effectifs71 000 soldats
Pertes~28 000 tués, blessés, disparus
Effectifs & Pertes
Armée du Potomac (Union)Armée de Virginie du Nord (Confédérés)
023k47k70k93k00EFFECTIFS00PERTES25%des effectifs39%des effectifs

« Marque le tournant de la guerre de Sécession et met fin aux espoirs confédérés d'envahir le Nord. »

Publié le 7 mars 2026 · mis à jour le 18 mars 2026

02 — Chapitre

Contexte

Printemps 1863. La guerre de Sécession entre dans sa troisième année. Le Nord dispose d'une supériorité écrasante en hommes, en industrie, en chemins de fer, en marine. Mais il perd. Robert E. Lee, à la tête de l'Armée de Virginie du Nord, vient de remporter une série de victoires spectaculaires : Fredericksburg en décembre 1862, puis Chancellorsville en mai 1863, où il a battu une armée deux fois plus nombreuse grâce à un mouvement tournant audacieux de Stonewall Jackson. Le moral confédéré est au plus haut. Celui du Nord s'effondre. Les mouvements pacifistes (les "Copperheads") gagnent du terrain dans l'opinion publique nordiste. Lincoln peine à trouver un général compétent.

Lee décide de frapper un grand coup. Son plan : envahir la Pennsylvanie, menacer Harrisburg, peut-être même Philadelphia ou Baltimore. Les objectifs sont multiples. Nourrir son armée affamée sur les riches terres du Nord. Soulager la Virginie dévastée par deux ans de combats. Surtout, infliger une défaite si cinglante sur le sol nordiste que l'opinion publique exigera la paix. Si la Grande-Bretagne et la France reconnaissent la Confédération, la guerre est gagnée. Tout dépend d'une victoire décisive.

71 000 Confédérés franchissent le Potomac en juin 1863 et remontent vers le nord. L'Armée du Potomac, 93 000 hommes, change de commandant en pleine campagne : Lincoln remplace Hooker, discrédité après Chancellorsville, par George Meade, un général compétent mais prudent, qui prend le commandement trois jours avant la bataille. Lee est privé de son atout majeur : la cavalerie de J.E.B. Stuart, partie en raid loin de l'armée, ne lui fournit aucun renseignement sur les mouvements ennemis. Lee avance à l'aveugle.

Le 1er juillet 1863, une brigade confédérée entre dans Gettysburg, petit carrefour de routes en Pennsylvanie, pour chercher des chaussures. Elle tombe sur de la cavalerie unioniste. Ce qui commence comme une escarmouche tourne en quelques heures à la bataille générale que ni l'un ni l'autre n'avait planifiée à cet endroit. La géographie va décider du reste.

03 — Chapitre

Déroulement

Le premier jour, les Confédérés ont l'avantage. Deux corps d'armée repoussent les troupes fédérales à travers la ville et infligent de lourdes pertes. Mais les Nordistes se replient sur les hauteurs au sud de Gettysburg : Cemetery Hill, Cemetery Ridge, Little Round Top, Culp's Hill. La position forme un hameçon naturel, un terrain défensif idéal. Le général Longstreet, commandant du 1er Corps confédéré, supplie Lee de contourner Gettysburg et de se placer entre l'armée de Meade et Washington, forçant les Nordistes à attaquer en terrain défavorable. Lee refuse. Il veut attaquer ici.

Le deuxième jour est un bain de sang. Lee lance Longstreet contre le flanc gauche de l'Union. Les combats pour le Peach Orchard, le Wheatfield et Devil's Den sont d'une brutalité effroyable, les corps s'empilent dans les champs. Le moment critique survient à Little Round Top, colline rocheuse qui domine tout le flanc gauche fédéral. Si les Confédérés la prennent, ils peuvent enfilade toute la ligne nordiste. Le 20e régiment du Maine, commandé par le colonel Joshua Chamberlain, professeur de rhétorique reconverti en soldat, reçoit l'ordre de tenir "à tout prix". À court de munitions après des heures de combat, Chamberlain ordonne une charge à la baïonnette en descente. Les Confédérés, stupéfaits, se rendent par centaines. Little Round Top est sauvé. Sur l'autre flanc, les attaques contre Culp's Hill et Cemetery Hill échouent de justesse.

Le troisième jour est celui du pari fatal de Lee. Convaincu que Meade a renforcé ses flancs au détriment du centre, il ordonne une attaque frontale massive : 12 500 hommes, trois divisions commandées par Pickett, Pettigrew et Trimble, traverseront un kilomètre de terrain découvert pour percer le centre de Cemetery Ridge. Longstreet, qui s'oppose violemment au plan, reçoit l'ordre de le superviser. Il écrira plus tard qu'il savait que l'attaque échouerait avant même qu'elle commence.

Un bombardement d'artillerie de deux heures, le plus intense de la guerre, précède la charge. Mais les canons confédérés tirent trop haut : les obus passent au-dessus des lignes fédérales. À 15 heures, les rangs gris sortent des bois et avancent en ligne sur 1 500 mètres. Le spectacle est grandiose et terrifiant. Les canonniers fédéraux attendent, puis ouvrent le feu : mitraille, obus, puis mousqueterie à bout portant. Les lignes confédérées fondent. Quelques centaines d'hommes atteignent le mur de pierres de Cemetery Ridge, un moment appelé "la haute marque de la Confédération". Ils sont repoussés ou capturés en quelques minutes.

"C'est ma faute, tout cela est de ma faute", déclare Lee en voyant les survivants revenir en titubant. La bataille est perdue. L'armée confédérée a perdu 28 000 hommes en trois jours, un tiers de ses effectifs.

04 — Chapitre

Conséquences

Gettysburg, combiné à la chute de Vicksburg le 4 juillet 1863 (qui donne à l'Union le contrôle total du Mississippi et coupe la Confédération en deux), marque le double tournant de la guerre de Sécession. Lee repasse le Potomac sous la pluie, le 4 juillet, avec une armée amputée d'un tiers. Il ne sera plus jamais en mesure de mener une offensive stratégique. La guerre devient une guerre d'usure que le Sud, avec 9 millions d'habitants (dont 4 millions d'esclaves) contre 22 millions au Nord, ne peut physiquement gagner.

Les espoirs diplomatiques de la Confédération s'effondrent avec la défaite. La Grande-Bretagne et la France, qui envisageaient de reconnaître le Sud, abandonnent l'idée. Sans reconnaissance internationale, la Confédération est condamnée à combattre seule contre un ennemi dont la puissance industrielle ne cesse de croître.

Le 19 novembre 1863, Abraham Lincoln inaugure le cimetière national de Gettysburg par un discours de 272 mots qui dure deux minutes. L'Adresse de Gettysburg redéfinit les enjeux de la guerre : non plus la préservation de l'Union, mais l'accomplissement du principe que "tous les hommes sont créés égaux", inscrit dans la Déclaration d'Indépendance. Ce discours, accueilli froidement par la presse de l'époque, est aujourd'hui considéré comme le texte fondateur de l'Amérique moderne, gravé dans le marbre du Lincoln Memorial.

La guerre durera encore vingt-deux mois et coûtera encore des centaines de milliers de vies. Grant, nommé commandant en chef en mars 1864, applique une stratégie d'attrition implacable : accepter des pertes lourdes pour écraser les forces confédérées par le nombre et l'industrie. Lee se rend à Appomattox le 9 avril 1865. Mais c'est à Gettysburg que la Confédération a perdu la guerre, le reste n'est que l'agonie d'une cause condamnée.

05 — Anecdote

Le saviez-vous ?

La "Charge de Pickett" du troisième jour d'Azincourt (pardon, de Gettysburg) est restée dans la mémoire américaine comme la charge de cavalerie la plus héroïque et la plus futile de l'histoire militaire américaine. Mais ce que l'on oublie souvent : le général George Pickett lui-même ne commanda pas cette attaque depuis le front. Il resta en arrière, à un poste de commandement, pendant que ses trois divisions traversèrent sous le feu le kilomètre de terrain découvert.

Quand les survivants revinrent, moins de la moitié des 12 500 hommes engagés, Lee galopa vers Pickett en lui disant : "Général, rallier votre division pour repousser une charge ennemie." Pickett répondit avec des mots restés célèbres : "Général Lee, je n'ai plus de division." Cette phrase, prononcée avec une amertume que les mots peinent à transmettre, résume Gettysburg mieux que n'importe quel état-major. Lee répondit : "Ce n'est pas votre faute, c'est la mienne." Cette reconnaissance publique de l'erreur par un général devant ses hommes est l'un des actes de noblesse militaire les plus rares de l'histoire.

Généraux impliqués

Armée du Potomac (Union) :
Général Meade
Armée de Virginie du Nord (Confédérés) :
Général Robert E. Lee

Les fiches de ces généraux ne sont pas encore disponibles.

Batailles liées

06 — Questions

Questions fréquentes

Pourquoi la bataille de Gettysburg est-elle considérée comme le tournant de la guerre de Sécession ?

Gettysburg marque le tournant car elle mit fin définitivement aux capacités offensives de l'armée confédérée. Après avoir perdu 28 000 hommes en trois jours (un tiers de son effectif) l'armée de Lee ne fut plus jamais capable de mener une grande offensive vers le Nord. Combinée à la chute de Vicksburg le 4 juillet 1863, qui donna à l'Union le contrôle du Mississippi et coupa la Confédération en deux, Gettysburg signa la fin des espoirs confédérés de forcer le Nord à négocier. La guerre devint dès lors une guerre d'attrition que le Sud, avec ses ressources inférieures, ne pouvait gagner.

Qu'est-ce que la "Charge de Pickett" et pourquoi a-t-elle échoué ?

La Charge de Pickett est l'attaque frontale ordonnée par Lee le troisième jour de Gettysburg : 12 500 hommes traversent un kilomètre de terrain découvert sous le feu de l'artillerie et de l'infanterie unioniste pour assaillir le centre des lignes nordistes sur Cemetery Ridge. Elle échoua pour plusieurs raisons : le bombardement d'artillerie préalable avait épargné les positions nordistes ; les défenseurs disposaient d'un terrain surélevé et de réserves en profondeur ; et les 12 500 assaillants ne pouvaient concentrer leur force sur un front si étroit sans se gêner mutuellement. Moins de 5 000 atteignirent les lignes unionistes, et presque aucun n'en revint.

Qui était le général Robert E. Lee et pourquoi a-t-il décidé d'attaquer à Gettysburg ?

Robert E. Lee (1807–1870) est généralement considéré comme le plus grand général de la Confédération et l'un des plus brillants de l'histoire militaire américaine. Il choisit d'attaquer à Gettysburg pour des raisons stratégiques et psychologiques : un raid victorieux en Pennsylvanie pouvait contraindre le Nord à rappeler des troupes de Vicksburg, ravitailler ses armées sur le riche sol du Nord et convaincre l'opinion publique nordiste, déjà fatiguée de la guerre, de négocier la paix. Sa confiance excessive dans l'invincibilité de son armée après Chancellorsville le poussa à ordonner des attaques frontales coûteuses que sa logistique ne pouvait soutenir.