Ère Contemporaine
Bataille de Gettysburg
La bataille de Gettysburg est la plus sanglante de la guerre de Sécession et l'une des plus décisives de l'histoire américaine. En trois jours de combats acharnés, l'armée confédérée de Robert E. Lee subit une défaite dont elle ne se relèvera jamais.
Forces en Présence
Armée du Potomac (Union)
Commandant : Général Meade
Armée de Virginie du Nord (Confédérés)
Commandant : Général Robert E. Lee
« Marque le tournant de la guerre de Sécession et met fin aux espoirs confédérés d'envahir le Nord. »
Contexte de la bataille de Bataille de Gettysburg
En juin 1863, Robert E. Lee tente un second raid en territoire nordiste. Après sa victoire de Chancellorsville, il espère porter la guerre en Pennsylvanie pour contraindre le Nord à négocier la paix. Son armée de 71 000 hommes pénètre dans l'État de Pennsylvanie, menaçant Harrisburg et même Philadelphia.
L'armée de l'Union, sous le commandement récent du général Meade, suit en hâte. Les deux armées se retrouvent par hasard à Gettysburg, carrefour de routes, quand les avant-gardes entrent en contact le 1er juillet 1863. Ce qui commence comme une escarmouche tourne rapidement à la bataille générale que ni l'un ni l'autre n'avait planifiée à cet endroit.
Comment s'est déroulée la bataille ?
Le premier jour, les Confédérés poussent les Nordistes hors de la ville mais Meade occupe les hauteurs au sud — Cemetery Ridge, Little Round Top, Culp's Hill — une position défensive excellente. Le deuxième jour, Lee attaque les deux flancs dans des combats acharnés pour le Peach Orchard, Devil's Den et Little Round Top, mais ne parvient pas à percer.
Le troisième jour est celui du pari de Lee. Convaincu que le centre de l'Union est affaibli, il ordonne une attaque frontale avec 12 500 hommes commandés par Pickett : la "Charge de Pickett". Les Confédérés traversent un kilomètre de terrain découvert sous le feu de l'artillerie et de l'infanterie unioniste. Moins de 5 000 atteignent les lignes nordistes, et presque aucun n'en revient.
"C'est ma faute", déclare Lee en voyant ses survivants revenir. La bataille est perdue.
Les conséquences historiques
Gettysburg, combiné à la chute de Vicksburg le 4 juillet 1863, marque le tournant de la guerre. Lee ne sera plus jamais en mesure de mener une grande offensive. La guerre devient une guerre d'attrition que le Sud, avec ses ressources inférieures, ne peut gagner.
Le 19 novembre 1863, Abraham Lincoln inaugure le cimetière national de Gettysburg par un discours de deux minutes — l'Adresse de Gettysburg — qui redéfinit les enjeux de la guerre : non plus la préservation de l'Union, mais l'accomplissement du principe d'égalité des hommes inscrit dans la Déclaration d'Indépendance.
La guerre durera encore vingt-deux mois et coûtera encore des centaines de milliers de vies. Mais après Gettysburg, la Confédération ne peut plus gagner — elle peut seulement espérer que le Nord se lasse de combattre.
Le saviez-vous ?
La "Charge de Pickett" du troisième jour d'Azincourt — pardon, de Gettysburg — est restée dans la mémoire américaine comme la charge de cavalerie la plus héroïque et la plus futile de l'histoire militaire américaine. Mais ce que l'on oublie souvent : le général George Pickett lui-même ne commanda pas cette attaque depuis le front. Il resta en arrière, à un poste de commandement, pendant que ses trois divisions traversèrent sous le feu le kilomètre de terrain découvert.
Quand les survivants revinrent — moins de la moitié des 12 500 hommes engagés — Lee galopa vers Pickett en lui disant : "Général, rallier votre division pour repousser une charge ennemie." Pickett répondit avec des mots restés célèbres : "Général Lee, je n'ai plus de division." Cette phrase, prononcée avec une amertume que les mots peinent à transmettre, résume Gettysburg mieux que n'importe quel état-major. Lee répondit : "Ce n'est pas votre faute, c'est la mienne." Cette reconnaissance publique de l'erreur par un général devant ses hommes est l'un des actes de noblesse militaire les plus rares de l'histoire.
Généraux impliqués
Les fiches de ces généraux ne sont pas encore disponibles.
Batailles liées
Questions fréquentes
Pourquoi la bataille de Gettysburg est-elle considérée comme le tournant de la guerre de Sécession ?
Gettysburg marque le tournant car elle mit fin définitivement aux capacités offensives de l'armée confédérée. Après avoir perdu 28 000 hommes en trois jours — un tiers de son effectif — l'armée de Lee ne fut plus jamais capable de mener une grande offensive vers le Nord. Combinée à la chute de Vicksburg le 4 juillet 1863, qui donna à l'Union le contrôle du Mississippi et coupa la Confédération en deux, Gettysburg signa la fin des espoirs confédérés de forcer le Nord à négocier. La guerre devint dès lors une guerre d'attrition que le Sud, avec ses ressources inférieures, ne pouvait gagner.
Qu'est-ce que la "Charge de Pickett" et pourquoi a-t-elle échoué ?
La Charge de Pickett est l'attaque frontale ordonnée par Lee le troisième jour de Gettysburg : 12 500 hommes traversent un kilomètre de terrain découvert sous le feu de l'artillerie et de l'infanterie unioniste pour assaillir le centre des lignes nordistes sur Cemetery Ridge. Elle échoua pour plusieurs raisons : le bombardement d'artillerie préalable avait épargné les positions nordistes ; les défenseurs disposaient d'un terrain surélevé et de réserves en profondeur ; et les 12 500 assaillants ne pouvaient concentrer leur force sur un front si étroit sans se gêner mutuellement. Moins de 5 000 atteignirent les lignes unionistes, et presque aucun n'en revint.
Qui était le général Robert E. Lee et pourquoi a-t-il décidé d'attaquer à Gettysburg ?
Robert E. Lee (1807–1870) est généralement considéré comme le plus grand général de la Confédération et l'un des plus brillants de l'histoire militaire américaine. Il choisit d'attaquer à Gettysburg pour des raisons stratégiques et psychologiques : un raid victorieux en Pennsylvanie pouvait contraindre le Nord à rappeler des troupes de Vicksburg, ravitailler ses armées sur le riche sol du Nord et convaincre l'opinion publique nordiste, déjà fatiguée de la guerre, de négocier la paix. Sa confiance excessive dans l'invincibilité de son armée après Chancellorsville le poussa à ordonner des attaques frontales coûteuses que sa logistique ne pouvait soutenir.