« Un bon plan exécuté violemment maintenant vaut mieux qu'un plan parfait exécuté la semaine prochaine. »
Biographie
George Smith Patton Jr., né le 11 novembre 1885 à San Gabriel en Californie, reste le général américain le plus célèbre et le plus controversé de la Seconde Guerre mondiale. Surnommé "Old Blood and Guts" par ses soldats (qui ajoutaient souvent "son sang, nos tripes"), il incarna une conception agressive et spectaculaire de la guerre blindée.
Issu d'une famille de tradition militaire virginienne, Patton entra à West Point en 1904 et se distingua rapidement par son esprit de compétition féroce. Il participa aux Jeux olympiques de Stockholm en 1912 (pentathlon moderne, 5e place), puis accompagna l'expédition punitive de Pershing au Mexique en 1916, où il tua personnellement un lieutenant de Pancho Villa lors d'un raid motorisé, l'un des premiers combats de l'histoire impliquant des véhicules à moteur.
Pendant la Première Guerre mondiale, Patton devint l'un des premiers officiers américains affectés aux chars d'assaut. Il commanda une brigade de chars Renault FT en 1918 et fut blessé lors de l'offensive Meuse-Argonne. Cette expérience forgea sa conviction que le char était l'arme de la décision, une idée qui mettrait vingt ans à s'imposer dans l'armée américaine.
Son heure vint en 1942. Après le désastre de Kasserine en Tunisie (février 1943), où le IIe Corps américain fut malmené par l'Afrika Korps, Patton prit le commandement et rétablit la discipline et le moral en quelques semaines. Sa méthode était brutale : inspections minutieuses, amendes pour les soldats sans cravate, présence constante au front. Elle fonctionnait.
La campagne de Sicile (juillet-août 1943) révéla son style : vitesse, audace et course en avant. Il prit Palerme en un raid blindé de 160 kilomètres, devançant Montgomery dans une rivalité qui devint légendaire. Mais l'incident des gifles (il frappa deux soldats hospitalisés pour fatigue de combat) faillit détruire sa carrière et le mit au placard pendant près d'un an.
C'est après le Débarquement de Normandie que Patton donna sa pleine mesure. Prenant le commandement de la 3e Armée US en août 1944, il réalisa la plus grande exploitation blindée de l'histoire sur le front ouest : en un mois, sa 3e Armée parcourut 600 miles, libéra la Bretagne, franchit la Loire et atteignit la Moselle. Ses chars consommaient du carburant plus vite que la logistique ne pouvait en livrer.
Son exploit le plus remarquable survint en décembre 1944 lors de la bataille des Ardennes. Quand l'offensive allemande encercla Bastogne, Patton pivota trois divisions (100 000 hommes) de 90 degrés en 48 heures par un temps glacial pour secourir la ville assiégée. Cette manœuvre, planifiée à l'avance car Patton avait anticipé l'attaque allemande, reste un modèle de réactivité opérationnelle.
Patton mourut le 21 décembre 1945 à Heidelberg, des suites d'un accident de voiture survenu douze jours plus tôt. Il n'avait jamais commandé au-delà du niveau armée et n'avait jamais mené d'opération stratégique de l'ampleur de Bagration ou d'Overlord, ce qui limite sa place dans le panthéon des grands capitaines. Mais dans son domaine, la guerre blindée offensive, il n'eut pas d'égal sur le front occidental.
Batailles clés
Duels hypothétiques
Patton admirait Rommel et prétendait avoir lu son livre Infantry Attacks avant de l'affronter. En réalité, ils ne se sont jamais directement opposés sur le même champ de bataille. Rommel était un meilleur tacticien défensif ; Patton un meilleur exploiteur de percée. En guerre blindée offensive, avantage Patton.
Joukov commandait des fronts entiers (plus d'un million d'hommes) tandis que Patton n'a jamais dépassé le niveau armée (350 000). En termes de résultats stratégiques, Joukov l'emporte nettement : Stalingrad, Koursk, Berlin. Patton était un meilleur tacticien de terrain, mais Joukov un stratège d'une autre dimension.
Sur le plan du charisme et de l'audace, les deux hommes se ressemblaient. Rommel souffrit davantage du manque de ressources en Afrique ; Patton bénéficia de la supériorité matérielle américaine. Sans cet avantage logistique, le duel serait bien plus serré.