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Antiquité

Bataille de Platées

Août 479 av. J.-C.·Plaine de Platées, Béotie

Platées est la bataille terrestre décisive qui met fin aux guerres médiques. Deux ans après Marathon et un an après Salamine, l'armée perse de Mardonios, restée en Grèce pour hiverner et préparer une nouvelle campagne, est anéantie par les hoplites grecs coalisés. Cette victoire, couplée à celle navale de Mycale le même jour, chasse définitivement les Perses de la Grèce et inaugure le siècle de Périclès.

Forces en Présence

✓ Vainqueur

Ligue panhellénique (Sparte, Athènes, alliés)

Commandant : Pausanias (Sparte) / Aristide (Athènes)

Effectifs38 700 hoplites + 35 000 Helotes
Pertes1 360 tués (selon Hérodote)

Armée perse et alliés grecs médisants

Commandant : Mardonios

Effectifs120 000 à 300 000 hommes (selon Hérodote)
Pertes257 000 (chiffre hérodotéen contesté), Mardonios tué
Effectifs & Pertes
Ligue panhellénique (Sparte, Athènes, alliés)(vainqueur)Armée perse et alliés grecs médisants(vaincu)
075k150k225k300k00EFFECTIFS00PERTES4%des effectifs86%des effectifs

« Dernière grande bataille des guerres médiques, expulse les Perses de Grèce définitivement et garantit cinq siècles de civilisation hellénistique. »

Publié le 10 mars 2026 · mis à jour le 19 mars 2026

02 — Chapitre

Contexte

Après la défaite navale de Salamine en 480 av. J.-C., Xerxès rentra en Perse avec la majeure partie de son armée, laissant son général Mardonios avec une armée d'élite estimée entre 100 000 et 300 000 hommes pour terminer la conquête de la Grèce. Mardonios hiverna en Thessalie et en Macédoine, puis au printemps 479, entra en Attique et occupa une seconde fois Athènes, ville désertée une nouvelle fois par ses habitants.

Il proposa une paix séparée aux Athéniens : autonomie, terres supplémentaires, reconstruction de leur ville brûlée, en échange d'une allégeance à Xerxès. Les Athéniens refusèrent. Ce refus obligea Mardonios à agir : il ne pouvait rester indéfiniment en Attique avec une armée qui consommait ses réserves. Il se replia vers la Béotie, terrain ouvert plus favorable à sa cavalerie perse.

Les Grecs rassemblèrent la plus grande armée coalisée des guerres médiques. Pausanias, régent de Sparte et neveu de Léonidas (mort aux Thermopyles l'année précédente), commandait la Ligue panhellénique. Il dirigeait 5 000 Spartiates, soldats d'élite formés au combat dès l'enfance, accompagnés de 5 000 périèques lacédémoniens. Aristide "le Juste" commandait 8 000 Athéniens. Les contingents alliés (Corinthiens, Mégariens, Platéens, Tégéates, Éginètes et d'autres) portaient le total à 38 700 hoplites lourdement armés, plus 35 000 Hilotes spartiates en auxiliaires légers. La mémoire de Marathon, des Thermopyles et de Salamine brûlait encore. La Grèce était unie pour la première et dernière fois de son histoire antique. Face à eux, l'armée de Mardonios mêle des contingents de tout l'empire : fantassins perses et mèdes cuirassés de bronze, archers scythes, cavaliers bactriens, frondeurs cariens. Des contingents grecs médisants (cités qui avaient rallié les Perses) complètent le dispositif, apportant à Mardonios une connaissance directe des tactiques helléniques. Mardonios lui-même, gendre de Xerxès et général aguerri, avait choisi la Béotie pour le terrain ouvert où sa cavalerie pourrait manœuvrer librement. Personne ne doutait de l'enjeu : la survie de la civilisation grecque libre se jouait dans la plaine de Platées.

03 — Chapitre

Déroulement

Les deux armées se font face pendant onze jours dans la plaine de Platées, au pied du mont Cithéron. Mardonios, commandant habile, refuse le combat frontal. Il lance sa cavalerie perse pour harceler les lignes grecques, intercepter les convois de ravitaillement et empoisonner la source Gargaphie, seul point d'eau accessible aux Grecs. Un raid de cavalerie mené par le commandant Masistios échoue quand celui-ci est tué par des hoplites mégariens et athéniens. Premier succès grec. Le moral remonte.

Mais la situation des Grecs empire. Assoiffés, affamés sous un soleil de plomb, ils ne peuvent rester en position. Pausanias ordonne une retraite nocturne vers des positions plus favorables, proches du Cithéron et de ses sources. La manœuvre tourne au désordre. Les Corinthiens et les contingents du centre s'éloignent trop vite. Les Athéniens restent en arrière. Un des commandants spartiates, Amompharetos, refuse de reculer : il considère la retraite comme une honte et jette son rocher de vote aux pieds de Pausanias. Les Spartiates ne bougent qu'à l'aube. Au matin du 27 août, les Grecs sont dispersés en trois groupes séparés sur plusieurs kilomètres. Situation critique.

Mardonios, voyant ce désordre depuis les hauteurs, croit à une débandade. C'est son erreur fatale. Il ordonne la charge générale. Sa cavalerie et son infanterie d'élite foncent sur les Spartiates, le contingent le plus isolé. Les flèches perses pleuvent par milliers. Les Spartiates, agenouillés derrière leurs boucliers de bronze, encaissent le tir sans broncher. Pausanias sacrifie aux dieux et attend le signal favorable. Les sacrifices sont défavorables, rapporte Hérodote. Les Spartiates meurent sous les flèches en attendant l'autorisation divine d'attaquer. Des minutes de supplice absolu.

Enfin, les augures se déclarent propices. 5 000 Spartiates se lèvent d'un seul mouvement et chargent au pas de course. L'impact de la phalange sur l'infanterie perse est dévastateur. Les archers perses, équipés de boucliers d'osier et d'épées courtes, ne peuvent résister aux lances de trois mètres et aux boucliers de bronze. Mardonios, monté sur un cheval blanc, charge personnellement avec sa garde de 1 000 cavaliers d'élite. Il se bat avec fureur au milieu des Spartiates. Un Spartiate nommé Aeimnestus le frappe à la tête. Mardonios tombe.

Sa mort transforme la bataille en massacre. L'armée perse, privée de son chef, panique et fuit vers son camp fortifié de palissades en bois. Sur un autre secteur, les Athéniens écrasent les Grecs médisants (les cités qui avaient rejoint les Perses) puis convergent vers le camp perse. Spartiates et Athéniens forcent les palissades ensemble. Le camp tombe. Le carnage est total. Hérodote avance que 260 000 Perses périrent : chiffre exagéré, mais qui traduit l'ampleur de la déroute. Ce même jour, une flotte grecque détruisit les navires perses à Mycale, en Asie Mineure.

04 — Chapitre

Conséquences

Platées met fin définitivement aux guerres médiques et à tout espoir perse de conquérir la Grèce continentale. Jamais plus les armées perses ne fouleront le sol grec. L'Empire achéménide, malgré sa puissance immense, renonce à l'ouest et se concentre sur l'Asie. La frontière entre l'Occident grec et l'Orient perse est fixée par le sang versé à Platées.

Pour la Grèce, la victoire inaugure ce qu'on appellera plus tard l'"âge d'or" : le demi-siècle de Périclès, Sophocle, Socrate, Phidias, Hérodote. Sans Platées, sans la liberté qu'elle garantit, Athènes ne pourrait pas bâtir le Parthénon, financer les tragédies, accueillir les philosophes. La démocratie athénienne, la philosophie grecque, la sculpture classique, tout ce que l'Occident doit à la Grèce, est rendu possible par la victoire de Platées.

La ville de Platées elle-même fut honorée pour son rôle : ses habitants avaient fourni le camp et des troupes aux Grecs. Elle fut déclarée sainte et inviolable par un serment de toute la Grèce. Elle sera pourtant détruite par Sparte en 427 pendant la Guerre du Péloponnèse, ironie de l'histoire.

À long terme, Platées marque le début de la décomposition de l'unité grecque. La guerre commune étant gagnée, les rivalités entre Sparte et Athènes reprennent avec une âpreté redoublée. Athènes fonde la Ligue de Délos en 478, prétexte de défense anti-perse vite converti en instrument de domination impériale. Sparte, jalouse de cette hégémonie montante, lui oppose la Ligue du Péloponnèse. Les tensions s'accumulent pendant un demi-siècle avant d'exploser dans la Guerre du Péloponnèse (431-404), un conflit fratricide qui saignera la Grèce, détruira la puissance athénienne et préparera la conquête macédonienne de Philippe II.

05 — Anecdote

Le saviez-vous ?

Un détail extraordinaire rapporté par Hérodote : la bataille de Platées et la victoire navale de Mycale (sur la côte ionienne, en face de Samos) auraient eu lieu le même jour, le 27 août 479 av. J.-C. Deux victoires décisives en deux points séparés par des centaines de kilomètres de mer, sans communications possibles entre les deux flottes et armées. Les Grecs y virent une intervention divine. Les rationalistes modernes soulignent qu'Hérodote peut avoir harmonisé les dates a posteriori, mais la coïncidence reste troublante. Ce même jour, la Grèce gagna définitivement sur terre et sur mer.

Généraux impliqués

Ligue panhellénique (Sparte, Athènes, alliés) :
Pausanias (Sparte)Aristide (Athènes)
Armée perse et alliés grecs médisants :
Mardonios
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06 — Questions

Questions fréquentes

Qui a gagné la bataille de Platées ?

La coalition grecque, principalement les Spartiates commandés par Pausanias et les Athéniens commandés par Aristide, a remporté la victoire décisive de Platées. L'armée perse de Mardonios fut anéantie après que Mardonios lui-même fut tué dans la mêlée. La retraite perse se transforma en déroute, avec des dizaines de milliers de soldats tués dans la poursuite. Cette victoire, combinée à la simultanée victoire navale de Mycale, mit fin aux guerres médiques et à toute ambition perse de conquérir la Grèce.

Quelle était l'importance de la bataille de Platées pour la civilisation occidentale ?

Platées est l'une des batailles les plus importantes de l'histoire de la civilisation occidentale. En garantissant l'indépendance grecque face à l'Empire perse, elle permit le développement de l'âge d'or athénien : la philosophie de Socrate et Platon, la tragédie de Sophocle et Eschyle, la sculpture du Parthénon de Phidias, la démocratie de Périclès. Si les Perses avaient vaincu, ces développements culturels auraient pu être étouffés ou radicalement différents. Hérodote, qui écrit l'histoire des guerres médiques, est lui-même un produit de la liberté rendue possible par Platées.

Comment les Grecs ont-ils vaincu à Platées malgré leur infériorité numérique ?

La victoire grecque à Platées tient à plusieurs facteurs. L'hoplite grec, avec sa phalange serrée de boucliers et de lances, était supérieur au fantassin perse en combat rapproché. Les Spartiates en particulier étaient les meilleurs soldats d'infanterie du monde antique, entraînés dès l'enfance à une discipline militaire totale. Mardonios commit l'erreur d'attaquer les Grecs dans un moment qu'il crut de désorganisation mais qui était en réalité une manœuvre tactique. Sa mort personnelle dans la mêlée priva l'armée perse de sa direction et déclencha la panique.