« L'Empereur peut compter sur moi comme sur un roc. »
Biographie
Louis-Nicolas Davout naît le 10 mai 1770 à Annoux, en Bourgogne, dans une famille de petite noblesse militaire. Formé à l'École royale militaire de Brienne (où Napoléon étudia également quelques années plus tôt), il reçoit une éducation rigoureuse qui forge son caractère méthodique et discipliné. Dès les premières années de la Révolution française, le jeune officier embrasse les idéaux républicains et gravit rapidement les échelons.
Sa carrière prend un tournant décisif sous le Consulat et l'Empire. Nommé maréchal d'Empire en 1804 lors de la première promotion, Davout se distingue par une qualité rare parmi les maréchaux napoléoniens : une rigueur organisationnelle absolue. Son IIIe Corps d'armée est considéré comme la formation la mieux entraînée et la plus disciplinée de la Grande Armée. Contrairement à d'autres maréchaux comme Murat ou Ney, Davout privilégie la préparation minutieuse et le renseignement tactique à l'élan et au panache.
À Austerlitz, le 2 décembre 1805, Davout tient l'aile droite française avec une ténacité exemplaire. Ses troupes, arrivées après une marche forcée de 110 kilomètres en 48 heures, bloquent la tentative de débordement austro-russe et permettent à Napoléon d'exécuter sa manœuvre centrale. Mais c'est à Auerstaedt, le 14 octobre 1806, que Davout accomplit son exploit le plus célèbre. Avec un seul corps d'armée (environ 27 000 hommes), il affronte et défait le gros de l'armée prussienne commandée par le roi Frédéric-Guillaume III et le duc de Brunswick (environ 50 000 hommes). Cette victoire, obtenue le même jour qu'Iéna, est d'autant plus remarquable que Davout combat en infériorité numérique de presque deux contre un.
À Eylau en février 1807, dans des conditions hivernales effroyables, l'arrivée de Davout sur le flanc droit russe sauve la situation et transforme une journée indécise en avantage français. À Wagram en 1809, il enfonce l'aile gauche autrichienne dans une manœuvre d'enveloppement décisive. À Borodino en 1812, il commande à nouveau l'aile droite et brise les redoutes russes au prix de combats acharnés, recevant lui-même une blessure.
Après le désastre de Russie, Davout reçoit le commandement de Hambourg en 1813 et défend la ville avec une détermination inflexible jusqu'en mai 1814, bien après l'abdication de Napoléon. Cette défense, menée avec des moyens limités contre des forces coalisées supérieures, illustre sa capacité à résister dans l'adversité. Pendant les Cent-Jours, Napoléon le nomme ministre de la Guerre plutôt que de lui confier un corps d'armée, une décision que beaucoup d'historiens considèrent comme une erreur stratégique majeure. Sa présence à Waterloo aurait pu changer le cours de la bataille.
Après la seconde abdication, Davout négocie la capitulation de Paris et protège les soldats de la Grande Armée contre les représailles. Il meurt le 1er juin 1823 à Paris. Austère, parfois cassant avec ses subordonnés, peu aimé de ses pairs maréchaux qui lui reprochaient son manque de chaleur, Davout reste néanmoins le seul maréchal d'Empire à n'avoir jamais perdu une bataille. Son surnom de "Maréchal de fer" résume parfaitement l'homme : inflexible, méthodique et d'une efficacité redoutable.
Batailles clés
Duels hypothétiques
Davout fut le subordonné le plus fiable de Napoléon, capable d'exécuter des missions impossibles avec une autonomie remarquable. À Auerstaedt, il battit seul le gros de l'armée prussienne pendant que Napoléon affrontait une force moindre à Iéna.
Les deux ne se sont jamais affrontés directement. Davout, absent à Waterloo pour défendre Paris, aurait pu modifier l'issue de la bataille selon plusieurs historiens. Leur confrontation hypothétique reste l'un des grands "et si" de l'époque napoléonienne.