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Atlas militaire interactif/Guerres/Première Guerre mondiale

Première Guerre mondiale

1914 – 1918

18
BATAILLES
4
ANS DE CONFLIT
1914
DÉBUT DU CONFLIT

La Première Guerre mondiale est le premier conflit industriel total de l'histoire. Quatre ans de guerre de tranchées, de batailles d'usure et d'innovations technologiques meurtrières firent entre 9 et 11 millions de morts militaires en Europe.

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01 — Chapitre

Origines et causes des Première Guerre mondiale

L'héritage de Sedan : revanchisme et rivalité franco-allemande (1871-1890)

Tout part de la défaite de Sedan, 2 septembre 1870. Napoléon III capitule. La France perd l'Alsace et une grande partie de la Lorraine, environ 14 500 km² et 1,6 million d'habitants. Elle paie 5 milliards de francs-or de réparations. Le Reich allemand est proclamé dans la galerie des Glaces de Versailles, humiliation calculée par Bismarck. Ce traumatisme fonde la politique étrangère française pendant quarante-quatre ans. Dans chaque école de la IIIe République, on apprend aux enfants l'existence des "provinces perdues". Victor Hugo écrit en 1872 : "Ce que nous avons perdu, nous le reprendrons." Le général Boulanger en fait un fonds de commerce politique dans les années 1880. Bismarck, conscient du danger, isole diplomatiquement la France par un jeu d'alliances serrées : la Triple Alliance (1882) avec l'Autriche-Hongrie et l'Italie. Tant qu'il reste chancelier, la paix tient.

Le système des alliances et la course aux armements (1890-1912)

1890 : Guillaume II renvoie Bismarck. Le jeune empereur veut une "Weltpolitik" ambitieuse, une Allemagne coloniale et navale. Il laisse expirer le traité de réassurance avec la Russie. Paris saisit l'occasion : alliance franco-russe signée en 1894. L'isolement diplomatique de la France se brise. En 1904, Londres et Paris enterrent leurs vieilles querelles coloniales par l'Entente cordiale. En 1907, la Russie rejoint le dispositif : la Triple Entente est née, face à la Triple Alliance. L'Europe se bipolarise. Parallèlement, la course aux armements s'emballe. L'Allemagne adopte en 1898 le Flottengesetz qui prévoit de bâtir une flotte capable de défier la Royal Navy. Londres répond par les dreadnoughts en 1906. Les budgets militaires explosent : entre 1890 et 1914, les dépenses de défense des grandes puissances européennes doublent. Les États-majors peaufinent leurs plans : plan Schlieffen allemand, Plan XVII français, plans russes de mobilisation. Tout est prêt pour une guerre que personne ne veut vraiment, mais que tout le monde attend.

Les crises et l'étincelle de Sarajevo (1905-1914)

Les crises se multiplient. Deux crises marocaines (1905 et 1911) manquent de provoquer la guerre entre France et Allemagne. La crise bosniaque (1908) dresse Autriche et Russie l'une contre l'autre. Les guerres balkaniques (1912-1913) déstabilisent une région déjà explosive, où nationalismes serbe, bulgare, albanais et grec s'entrechoquent. L'Autriche-Hongrie, empire multinational menacé par l'irrédentisme slave du sud, cherche un prétexte pour écraser la Serbie. Ce prétexte arrive le 28 juin 1914 à Sarajevo. L'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône de Vienne, est assassiné avec sa femme Sophie par Gavrilo Princip, un étudiant serbe de 19 ans lié à l'organisation nationaliste "La Main Noire". Vienne adresse à Belgrade un ultimatum impossible à accepter. Le 28 juillet, l'Autriche déclare la guerre à la Serbie. Les alliances jouent. Le 1er août, l'Allemagne mobilise contre la Russie. Le 3 août, elle déclare la guerre à la France. Le 4 août, elle envahit la Belgique neutre. Londres entre à son tour dans le conflit. En moins d'une semaine, l'étincelle de Sarajevo a embrasé l'Europe entière.

02 — Chapitre

Les grandes phases des Première Guerre mondiale

La guerre de mouvement et l'enlisement (aout-decembre 1914)

Les premières semaines du conflit voient les plans offensifs des deux camps s'effondrer simultanément. Le Plan XVII francais, fonde sur la doctrine de l'offensive a outrance du colonel de Grandmaison, se brise lors de la bataille des Frontieres : 300 000 morts, blesses et prisonniers francais en aout 1914, selon les travaux de Jean-Jacques Becker (La Première Guerre mondiale, 2003). Le Plan Schlieffen allemand, qui misait sur un ecrasement de la France en six semaines, échoue sur la Marne en septembre 1914. Joffre stabilise le front. La "course à la mer" fige ensuite les lignes de la Suisse à la Manche. En quatre mois, la guerre de mouvement cédait la place à un système de tranchees de 750 kilometres. "Nous creusons, nous nous enterrons comme des taupes", écrit le lieutenant Henri Desagneaux dans son journal de campagne.

L'enfer des tranchees et la guerre d'usure (1915-1917)

De 1915 a 1917, le front occidental reste presque immobile. Les offensives successives, préparées par des bombardements d'artillerie colossaux, ne gagnent que quelques centaines de metres au prix de dizaines de milliers de vies. L'année 1916 concentre deux des batailles les plus meurtrières de l'histoire militaire : Verdun (fevrier-decembre) coûtent 700 000 victimes aux deux camps selon Antoine Prost (Verdun 1916, 2016) ; la Somme (juillet-novembre) en fait 1,2 million selon John Keegan (The Face of Battle, 1976). Le front est est plus mobile : Tannenberg, Gorlice-Tarnow, les offensives Broussilov. Mais la aussi, l'issue reste indécise. L'année 1917 accumule les crises : echec sanglant du Chemin des Dames, mutineries dans 68 divisions francaises, révolution russe qui mene au retrait du front est.

Le basculement decisif (1917-1918)

L'entree en guerre des États-Unis en avril 1917, provoquée par la guerre sous-marine a outrance de l'Allemagne et le telegramme Zimmermann, change la donne stratégique. Le général Pershing debarque avec un corps expéditionnaire qui atteindra deux millions d'hommes en 1918 (David Stevenson, 1914-1918, 2004). Cote allie, Petain restaure le moral de l'armée francaise par une politique de repos, de permissions et d'amélioration des conditions de vie dans les tranchees. Foch est nommé commandant en chef des forces alliees en mars 1918.

Les offensives finales et l'armistice (1918)

Le printemps 1918 voit l'Allemagne tenter un dernier coup de des : les offensives Ludendorff (mars-juillet) percent les lignes alliees a plusieurs reprises, mais sans pouvoir exploiter les percees. La contre-offensive alliee débute à Amiens le 8 aout 1918, qualifie par Ludendorff de "jour noir de l'armée allemande". Les offensives des Cent-Jours, menees simultanément par les Britanniques, les Francais et les Americains (notamment a Meuse-Argonne), enfoncent les défenses allemandes de facon irrémédiable. L'effondrement militaire se double d'une révolution intérieure : la flotte de Kiel se mutine fin octobre, les conseils de soldats et d'ouvriers se multiplient. Guillaume II abdique le 9 novembre. Le 11 novembre 1918, à 5 h 15 du matin, dans un wagon de chemin de fer à Rethondes, l'armistice est signe. Les canons se taisent à 11 heures. "Soudain le silence", écrira le caporal Barthas. Quatre ans. 9 à 11 millions de soldats tues. 21 millions de blesses.

03 — Chapitre

Conséquences et héritage des Première Guerre mondiale

Le bilan humain et matériel

9 à 11 millions de soldats tues, 21 millions de blesses, 8 millions de prisonniers et disparus, selon les estimations croisees de Jay Winter (The Great War and the British People, 1986) et Stephane Audoin-Rouzeau (14-18 : Retrouver la guerre, 2000). La France perd 1,4 million de soldats, soit 27 % des 18-27 ans mobilisés. L'Allemagne en perd 2 millions. Les "gueules cassees", ces mutiles de la face, deviennent le symbole physique du prix paye.

L'effondrement des empires et la reconfiguration de l'Europe

Quatre empires s'ecroulent : ottoman, austro-hongrois, russe, allemand. Le traité de Versailles (juin 1919) et les traités annexes redessinent la carte de l'Europe selon le principe des nationalités proclame par Wilson. Naissent la Pologne, la Tchecoslovaquie, la Yougoslavie, les États baltes, la Finlande. L'Empire ottoman, dépecé par les accords Sykes-Picot (1916) et le traité de Sevres (1920), cède la place à la Turquie kemaliste et aux mandats francais et britanniques au Moyen-Orient, dont les consequences se prolongent au XXIe siècle.

Les germes de la Seconde Guerre mondiale

Le traité de Versailles impose à l'Allemagne la clause de culpabilite (article 231), des réparations colossales (132 milliards de marks-or), la perte de l'Alsace-Lorraine et de ses colonies. Jacques Bainville l'avait predit des 1920 dans Les Consequences politiques de la paix : "une paix trop douce pour ce qu'elle a de dur, trop dure pour ce qu'elle a de doux". L'humiliation nourrira le ressentiment exploite par Hitler. La guerre inaugura aussi l'ere des technologies destructrices de masse : chars, aviation de combat, gaz de combat (yperite a Ypres, 1917), guerre sous-marine. Toutes les armes du XXe siècle trouvent leur origine dans les tranchees de 1914-1918.

04 — Questions

Questions fréquentes sur la Première Guerre mondiale

Quelles sont les causes profondes de la Première Guerre mondiale ?

La Première Guerre mondiale résulte de l'accumulation de tensions sur plusieurs décennies : rivalités imperialistes entre puissances coloniales, course aux armements navals entre l'Allemagne et le Royaume-Uni, système d'alliances rigide (Triple Entente contre Triple Alliance), montée des nationalismes dans les Balkans. L'assassinat de l'archiduc Francois-Ferdinand à Sarajevo le 28 juin 1914 déclenche un mécanisme d'engrenage diplomatique. En cinq semaines, l'Europe bascule dans un conflit que tous croyaient court et decisif.

Quel est le bilan humain total de la Première Guerre mondiale ?

Le bilan est accablant : entre 9 et 11 millions de soldats tues, 21 millions de blesses, 8 millions de prisonniers et disparus, selon les travaux de Jay Winter. La France perd 1,4 million de soldats (27 % des 18-27 ans mobilisés), l'Allemagne 2 millions, la Russie 1,8 million, l'Autriche-Hongrie 1,5 million. Les pertes civiles (famines, epidemies, génocide armenien) ajoutent environ 6 a 13 millions de morts supplementaires.

Pourquoi la Première Guerre mondiale a-t-elle dure quatre ans ?

La duree du conflit s'explique par la suprematie de la défense sur l'attaque. Les tranchees, protegees par les mitrailleuses, les barbeles et l'artillerie lourde, rendaient les offensives frontales meurtrière et inefficaces. Aucune percee decisive ne pouvait être exploitée, faute de motorisation. Il a fallu attendre l'arrivee du char d'assaut, l'amélioration de la coordination artillerie-infanterie et le poids numerique americain en 1918 pour briser cette impasse tactique.

05 — Chronologie

Les batailles de ce conflit

18 batailles référencées

Bataille des Frontières

1914

Frontières franco-belgo-luxembourgeoise

✓ Victoire Armées allemandes (1re à 5e armées)

Première bataille d'Ypres

1914

Ypres (Ieper) et ses environs

✓ Victoire Armées alliées (Royaume-Uni, France, Belgique)

Bataille de la Marne

1914

Vallée de la Marne

✓ Victoire Armées françaises et Corps expéditionnaire britannique

Bataille de Tannenberg

1914

Stębark (Tannenberg)

✓ Victoire 8e Armée allemande

Bataille de Gorlice-Tarnów

1915

Gorlice-Tarnów

✓ Victoire Forces austro-allemandes

Deuxième bataille de Champagne

1915

Champagne

✓ Victoire Armée allemande (3e armée)

Bataille de Gallipoli

1915

Péninsule de Gallipoli (Gelibolu)

✓ Victoire Empire ottoman

Bataille de Verdun

1916

Verdun

✓ Victoire République française

Bataille de la Somme

1916

Vallée de la Somme

≈ Résultat indécis

Bataille de Jutland

1916

Mer du Nord

✓ Victoire Royal Navy (Grand Fleet)

Bataille de Passchendaele (3ème bataille d'Ypres)

1917

Saillant d'Ypres

≈ Résultat indécis

Bataille de Cambrai

1917

Cambrai

≈ Résultat indécis

Bataille de la Malmaison

1917

Chemin des Dames

✓ Victoire VIe Armée française

Bataille de Caporetto

1917

Kobarid (Caporetto)

✓ Victoire Forces austro-allemandes

Bataille du Chemin des Dames

1917

Chemin des Dames

✓ Victoire Armée allemande

Bataille d'Amiens

1918

Amiens

✓ Victoire Forces alliées (britanniques, australiens, canadiens, français)

Bataille de Meuse-Argonne

1918

Meuse-Argonne

✓ Victoire Force expéditionnaire américaine (AEF) et armées françaises

Bataille de Vittorio Veneto

1918

Vittorio Veneto

✓ Victoire Armée royale italienne et alliés